J’accompagne une cliente depuis plusieurs mois.

Et hier, à la fin de notre séance, elle me dit :
“Pourquoi vous n’écrivez pas un livre pour partager votre expérience ? Parce que moi ça m’intéresse, ça me sert… et je suis certaine que ça intéresserait d’autres personnes.”

Sa question m’a surprise.

Je lui réponds très spontanément qu’il y a quelques années, j’ai ressenti fortement cette envie.
J’avais même fait appel à une coach en écriture.
Le sommaire était prêt. Validé.
J’avais commencé à écrire…

Et puis là… retour du syndrome de l’imposteur.

Moi, Rachel Ceinturet, écrire un livre ?
Quelle légitimité ?
Et qui je vais intéresser ?

Alors que, si j’écoute mon cœur, mon objectif n’est pas d’intéresser. Ni de plaire.
Mais de faire passer un message.

Un message basé sur mon histoire, mon parcours, mon expérience.

Ce message :
On peut avoir une vie épanouie et épanouissante même après avoir vécu des agressions sexuelles, si on se fait aider, qu’on se soigne, et qu’on s’engage pour ça.

Parce que ce n’est pas juste une marche à passer.
C’est un chemin.

Mais c’est possible.

Parce qu’à un moment, j’ai choisi de ne plus avoir cette vie dans laquelle je m’éteignais, j’étouffais, et où j’ai frôlé la mort.

Hier, sa question est venue réveiller ce que j’avais œuvré à enterrer.
Depuis, j’y repense.
Et ce que je ressens le plus, ce n’est pas une grande décision claire…
c’est cette flamme qui se rallume, malgré l’illégitimité encore bien présente.

Et en arrière-plan, il y a cette phrase de Robert Savoie, entendue lors de la retraite que j’ai faite récemment :
“Ne prive pas le monde de qui tu es.”

Pour l’instant, je n’en suis pas à dire : “Je reprends l’écriture de ce livre.”
Je suis plutôt à constater la flamme en moi qui s’est rallumée et à laisser résonner en moi, autrement, cette phrase.

Peut-être que ce post est une première marche.
Et que la suite se racontera…