Ce week‑end, pendant la retraite PhĂ©nix de Robert Savoie, j’ai libĂ©rĂ© une profonde douleur cristallisĂ©e dans mon corps. Depuis longtemps, je prends soin d’elle. Mais mes cellules ont mĂ©morisĂ© des annĂ©es d’agressions sex.uelles, et je savais qu’il me faudrait du temps, du travail envers moi‑mĂȘme, de l’engagement.

C’est parce que je n’ai jamais lĂąchĂ© que j’ai pu vivre cette libĂ©ration, et ĂȘtre plus en paix avec mon corps, lui redonner plus de place et de dimensions.

J’avais pardonnĂ© mon agresseur pour ce qu’il m’avait fait, mais je n’avais pas pardonnĂ© l’ĂȘtre humain qu’il Ă©tait.
Pardonner ne veut pas dire accepter, non.
Mais je ne pouvais pas aller jusque‑là, parce que mon corps portait encore une trace trop profonde des blessures.

Ce week‑end, j’ai Ă©tĂ© capable de prononcer un pardon sincĂšre Ă  son Ă©gard, puis de rompre ce lien que j’entretenais encore avec lui dans ce non‑pardon.
Et je l’ai aussi fait pour moi, pour me libĂ©rer dĂ©finitivement de lui.
Le pardon est profondément libérateur.

Si je vous raconte ceci, c’est pour vous transmettre un message :
malgrĂ© le poids de notre histoire, il est possible de ne pas la subir toute notre vie, si on choisit de s’engager sur ce chemin.
Quand je vous accompagne, je vous parle de cette possibilitĂ©, et je vous dis aussi que je ne vous promets pas que ce sera facile, parce que ça ne l’est pas.

Le faire avec des personnes avec lesquelles on se sent en confiance et en sécurité est essentiel.
La pĂ©tillance de vie de Robert, sa rĂ©silience, son Ă©nergie, et l’amour authentique qu’il partage sans retenue ont permis Ă  mon cƓur de dĂ©passer cette blessure.
Et le soir, aller me ressourcer en regardant la mer a été la cerise sur mon gùteau.

L’essentiel, c’est de se souvenir que c’est possible.

Robert dit : « Ne prive pas l’autre de qui tu es. »
Moi, j’ai envie d’ajouter : ne te prive pas toi‑mĂȘme de qui tu es.

Si ce que je partage rĂ©sonne en vous, si des blessures, votre histoire pĂšsent sur encore aujourd’hui dans votre vie, sachez que vous n’ĂȘtes pas obligĂ©e de rester seule avec ça.
On peut simplement en parler, en douceur, quand vous serez prĂȘte.